Penseur
Günther Anders
Anders a vu très tôt ce que la bombe et la machine faisaient à notre condition. Il appelle honte prométhéenne ce malaise de l'homme devant ses propres productions, devenues trop puissantes et trop parfaites pour lui.
Sa thèse principale, l'obsolescence de l'homme, n'a rien perdu de son tranchant. Nous sommes capables de produire des effets que nous sommes incapables de nous représenter ou de ressentir. Penser ce décalage, c'est commencer à résister.
Günther Anders, le cours complet
La honte prométhéenne, le décalage prométhéen, le monde-fantôme des médias, l'obsolescence de l'homme à l'âge de la bombe et de la machine.
Articles
3 textesLe décalage prométhéen
Nous pouvons fabriquer et détruire infiniment plus que nous ne pouvons imaginer ou ressentir. Günther Anders donne un nom à ce gouffre, le décalage prométhéen, et en fait le fait fondamental de notre époque. Comprendre ce décalage, c'est découvrir que notre tâche n'est plus d'abord d'agir bien, mais d'agrandir notre imagination jusqu'à la mesure de notre pouvoir.
La menace nucléaire
Avec la bombe atomique, l'humanité a conquis le pouvoir de se détruire elle-même tout entière, et ce pouvoir ne disparaitra plus jamais. Günther Anders en tire une pensée du sursis : nous vivons désormais dans un temps de répit permanent, et notre seule tâche est d'avoir le courage d'avoir peur.
La non-identité de l'homme
Avant la bombe et les machines, le jeune Günther Anders avait déjà posé sa thèse la plus radicale : l'homme est le seul être qui ne coïncide pas avec lui-même. Non pas roi de la création, mais inadapté natif, étranger au monde, contraint de se faire faute d'être déjà fait.
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