Cours de philosophie
Lire les philosophes de près.
Noèse prend les grands penseurs un par un et en fait des cours complets, à partir de leurs textes et d'une bibliographie de fond. Chaque cours prend le temps d'entrer dans une œuvre au lieu de la survoler. Le cours sur Spinoza est gratuit, du premier chapitre au dernier.
Les cours
Tout voir →Socrate et sa méthode, la théorie des Idées, la caverne, la réminiscence, l'âme et l'amour, la cité juste : la source de toute la philosophie d'Occident.
Une seule substance qu'on nomme Dieu ou la Nature, les affects décrits comme des forces, le conatus, la liberté comme connaissance, la béatitude.
La généalogie de la morale, la mort de Dieu, la volonté de puissance, l'éternel retour : apprendre à se méfier des évidences et à dire oui à la vie.
La révolution copernicienne, les limites de la raison, l'impératif catégorique, le beau et le sublime : la rigueur qui éclaire tout ce qui suit.
La honte prométhéenne, le décalage prométhéen, le monde-fantôme des médias, l'obsolescence de l'homme à l'âge de la bombe et de la machine.
L'individuation, le préindividuel, la métastabilité, la transduction, et une philosophie de l'objet technique qui lui rend sa dignité.
La technique comme mémoire extériorisée, le pharmakon, l'économie de l'attention, la prolétarisation des savoirs et le soin à en prendre.
La question de l'être, le Dasein, l'être-vers-la-mort, puis le langage et la technique comme Gestell : une des pensées les plus exigeantes du siècle.
Comment un seul homme tient-il des millions ? Le pouvoir n'a que les forces qu'on lui prête : la servitude volontaire, la coutume, la pyramide des complices, et la liberté comme refus de servir.
La virtù et la fortuna, la cruauté bien usée, le lion et le renard, mais aussi l'autre Machiavel, républicain, qui fait du conflit la source de la liberté. Et le procès du machiavélisme : « la fin justifie les moyens » n'est pas dans le texte.
L'égalité des conditions, irrésistible. La tyrannie de la majorité, l'individualisme, et le despotisme doux : comment une démocratie peut devenir tutélaire, et comment rester libre.
Le doute hyperbolique et le malin génie, le cogito, la preuve de Dieu, la distinction de l'âme et du corps : comment la philosophie devient moderne en partant du sujet qui pense.
L'homme naturellement bon que la société corrompt, la naissance de l'inégalité, le contrat social et la volonté générale : obéir à la loi qu'on se donne. Et le contresens du « forcé d'être libre ».
L'esprit des lois, la nature et le principe des gouvernements (vertu, honneur, crainte), et la grande idée : pour qu'on n'abuse pas du pouvoir, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir.
Les deux infinis et le roseau pensant, le divertissement qui fuit le néant, le pari, et le coeur qui a ses raisons : penser la grandeur et la misère de l'homme au plus près de l'angoisse.
Se peindre soi-même pour atteindre l'humain, « Que sais-je ? » comme sagesse, la coutume, l'amitié, les cannibales, et l'art d'apprendre à vivre et à mourir.
L'état de nature comme guerre de tous contre tous, le contrat qui en sort, le Léviathan et les droits du souverain, mais aussi sa limite : protection contre obéissance. Le fondateur du contractualisme.
Le matérialisme historique, l'infrastructure et la superstructure, l'histoire comme lutte des classes, l'aliénation et l'idéologie : comprendre, et vouloir transformer, le capitalisme.
Le bonheur comme activité de l'âme selon la vertu, le juste milieu, la prudence, l'amitié, la vie contemplative, et l'homme comme animal politique : l'éthique et la cité.
Le monde comme représentation puis comme Volonté, le vouloir-vivre aveugle, la souffrance et l'ennui, et les échappées : l'art, la pitié, l'ascèse. Le grand pessimisme et sa beauté.
L'esprit comme table rase, l'expérience pour seule source du savoir ; puis l'état de nature, la propriété par le travail, le consentement et le droit de résistance : l'empirisme et l'acte de naissance du libéralisme.
Impressions et idées, le problème de l'induction, la causalité réduite à une habitude, le compatibilisme, la critique des miracles et de l'argument du dessein : l'empirisme poussé jusqu'au scepticisme qui réveilla Kant.
Ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas, les représentations et leur usage, le désir bien réglé, la prohairesis et l'exercice : le stoïcisme comme art de rester libre et maître de soi.
Les parcours
Tout voir →Découvrir la philosophie
Quatre cours pour entrer vraiment dans la philosophie, des Idées de Platon au marteau de Nietzsche.
Philosophie de la technique
De l'arraisonnement heideggerien à l'obsolescence de l'homme : penser ce que la machine fait de nous.
Le corps, l'âme et les passions
Du dualisme de Platon au corps-grande raison de Nietzsche, en passant par le parallélisme de Spinoza.
Les penseurs
23 penseursComprendre, c'est déjà être libre.
Philosopher à coups de marteau, et de tendresse.
Que puis-je savoir, que dois-je faire, que m’est-il permis d’espérer.
Penser l'individu à partir de ce qui le fait naître.
Nous fabriquons plus que nous ne pouvons imaginer.
La technique nous empoisonne et nous soigne à la fois.
Revenir à la question la plus simple et la plus oubliée : qu'est-ce qu'être.
Détourner les yeux de l'âme vers la lumière de ce qui est.
Le tyran n'a que le pouvoir qu'on veut bien lui prêter.
Regarder la politique telle qu'elle est, non telle qu'on la rêve.
L'égalité avance, irrésistible. Reste à la rendre libre.
Tout reprendre de zéro, et ne tenir pour vrai que ce qui résiste au doute.
L'homme est né libre, et partout il est dans les fers.
Pour que nul n'abuse du pouvoir, il faut que le pouvoir arrête le pouvoir.
Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point.
Que sais-je ? Se peindre soi-même pour atteindre l'humain.
Sans État, la vie est solitaire, misérable, dangereuse et brève.
Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde ; il s'agit de le transformer.
Le bonheur est une activité de l'âme selon la vertu.
Le monde est ma représentation ; au fond des choses, une Volonté aveugle.
Rien n'est dans l'esprit qui ne soit d'abord passé par l'expérience.
La raison est, et ne doit être, que l'esclave des passions.
Distinguer ce qui dépend de nous de ce qui n'en dépend pas.
Articles
Les plus récentsLe décalage prométhéen
Nous pouvons fabriquer et détruire infiniment plus que nous ne pouvons imaginer ou ressentir. Günther Anders donne un nom à ce gouffre, le décalage prométhéen, et en fait le fait fondamental de notre époque. Comprendre ce décalage, c'est découvrir que notre tâche n'est plus d'abord d'agir bien, mais d'agrandir notre imagination jusqu'à la mesure de notre pouvoir.
La menace nucléaire
Avec la bombe atomique, l'humanité a conquis le pouvoir de se détruire elle-même tout entière, et ce pouvoir ne disparaitra plus jamais. Günther Anders en tire une pensée du sursis : nous vivons désormais dans un temps de répit permanent, et notre seule tâche est d'avoir le courage d'avoir peur.
La non-identité de l'homme
Avant la bombe et les machines, le jeune Günther Anders avait déjà posé sa thèse la plus radicale : l'homme est le seul être qui ne coïncide pas avec lui-même. Non pas roi de la création, mais inadapté natif, étranger au monde, contraint de se faire faute d'être déjà fait.
L'être-au-monde
Nous croyons être un sujet enfermé en lui-même, face à un monde d'objets posés au-dehors. Heidegger défait cette image d'un seul geste. Avant toute pensée, nous sommes déjà dehors, auprès des choses, accordés à un monde de sens. C'est cela, le Dasein, l'être-au-monde.
L'oeuvre d'art
Qu'est-ce qui fait qu'une oeuvre est une oeuvre, et non une chose parmi les choses ou un objet d'usage ? Heidegger répond que l'oeuvre est le lieu où la vérité se met en oeuvre, où un monde s'ouvre et où, en même temps, la terre surgit et se referme.
La technique
La technique n'est pas une affaire de machines. C'est une façon dont le réel se montre à nous, et dont il somme la nature de livrer son énergie. Heidegger appelle cela le Gestell. Comprendre ce mode de dévoilement, c'est apercevoir le danger, et ce qui, dans le danger même, peut encore nous sauver.
Le langage
Nous croyons que c'est l'homme qui parle et qui se sert des mots comme d'un outil. Le dernier Heidegger renverse l'évidence : c'est le langage qui parle, l'homme ne fait que répondre, et c'est dans cette parole, maison de l'être, qu'il habite.
Le tournant
En 1927, Heidegger interrogeait l'être à partir de l'homme. Puis quelque chose se déplace. Il se met à penser l'être à partir de lui-même, de son histoire et de ses envois. Ce virage, die Kehre, n'est pas un reniement : c'est la même question, reprise par l'autre versant.
Cours thématiques
Un thème, plusieurs penseurs qui dialoguentL'âme et le corps, de la prison à la grande raison
Platon, Spinoza, Nietzsche : trois manières d'entendre ce que nous sommes, faits d'esprit et de chair. L'âme est-elle prisonnière d'un corps qui l'alourdit et qu'il faut fuir, l'idée d'un corps dont elle n'est ni le maître ni l'esclave, ou bien une invention tardive d'un corps qui pense mieux qu'elle ? Selon la réponse, c'est tout le partage du haut et du bas qui se renverse.
Le désir, du manque à la puissance
Platon, Spinoza, Nietzsche : trois manières d'entendre ce qui nous met en mouvement. Le désir est-il le signe d'un manque, l'aveu d'une privation qu'il faudrait combler et même dessécher, ou l'essence même de ce que nous sommes, une puissance qui ne manque de rien et ne demande qu'à se déployer ? Tout un jugement sur l'existence se joue dans la réponse.
Le langage, des noms à la maison de l'être
Platon, Heidegger, Stiegler : trois manières d'entendre ce qui se passe quand nous parlons et quand nous écrivons. Le langage est-il un outil que l'homme manie pour étiqueter les choses, la demeure même de l'être dans laquelle il habite, ou une mémoire extériorisée dans la matière qui fait de lui ce qu'il est ? Et l'écriture, ce remède qui est aussi un poison, sauve-t-elle la pensée ou la dépossède-t-elle ?
Dieu, du Bien au-delà de l'être à la mort de Dieu
Platon, Spinoza, Kant, Nietzsche : quatre façons de penser le divin, et quatre séismes. Dieu est-il le Bien qui dépasse l'être, la Nature elle-même dont rien ne s'excepte, une idée hors de portée du savoir que la seule morale réclame, ou un mort dont nous sommes les meurtriers ? D'un penseur à l'autre, ce n'est pas seulement la réponse qui change, mais le mot lui-même, et la place qu'il occupe dans l'édifice du réel. Une histoire en quatre actes du plus lourd des mots.
L'art, de la copie condamnée à la vérité mise en œuvre
Platon, Kant, Nietzsche, Heidegger : quatre verdicts sur l'art, et un même soupçon retourné en révélation. L'art est-il une copie trompeuse loin du vrai, un plaisir sans concept qui ne juge rien, ce qui seul justifie l'existence, ou l'événement même de la vérité ? Quatre voix sur le pouvoir des œuvres, et sur ce que chaque époque attend de la beauté.
L'individu, ou comment on le devient
Spinoza, Nietzsche, Simondon, Stiegler : quatre manières de défaire l'évidence du moi. L'individu est-il une substance qui se tient seule, une fiction de grammaire, le simple résultat d'un processus qui le précède et le déborde, ou ce qui ne s'invente qu'en s'extériorisant dans la technique ? De la substance close au transindividuel, puis à la mémoire confiée aux machines : tout un destin du sujet se joue dans ces déplacements.
La connaissance, du ressouvenir à l'interprétation
Platon, Spinoza, Kant, Nietzsche : quatre réponses à la question des questions. Connaître, est-ce se ressouvenir d'une vérité que l'âme portait déjà, comprendre les choses par leurs causes jusqu'à l'idée qui porte en elle sa propre lumière, construire le phénomène avec les formes de notre esprit en renonçant pour toujours à la chose en soi, ou imposer au monde une interprétation parmi d'autres, symptôme d'une volonté qui évalue ? D'un acte à l'autre, c'est la confiance même de l'esprit dans son pouvoir de connaître qui se transforme.
La liberté, des chaînes de la caverne à la pathologie de l'homme
Platon, Spinoza, Kant, Nietzsche, Anders : cinq philosophes, une question brûlante. Être libre, est-ce s'arracher à l'illusion pour contempler le vrai, comprendre la nécessité qui nous porte, se donner sa propre loi, se surmonter et créer ses valeurs, ou bien porter, comme une plaie, la blessure de n'être ajusté à aucun monde ? D'une couronne à une plaie, tout un jugement sur l'homme se joue dans la réponse.
La morale, entre la loi, la vie et le soupçon
Spinoza, Kant, Nietzsche : trois manières de penser le bien et le mal, et trois séismes. La morale est-elle une connaissance de ce qui augmente notre puissance, une loi inconditionnée que la raison se donne, ou une vieille illusion qu'il faut traîner devant un tribunal ? Sous l'évidence du jugement moral dort une énigme, et de la réponse dépend tout un verdict sur ce que vaut une vie.
La mort, de la délivrance de l'âme à l'extermination de l'espèce
Platon, Spinoza, Heidegger, Anders : quatre façons de regarder ce que nul ne peut vivre à sa place. La mort est-elle la délivrance de l'âme, ce à quoi le sage ne pense jamais, la possibilité qui rend ma vie mienne, ou, à l'âge de la bombe, l'extermination possible de l'humanité entière ? D'une réponse à l'autre, c'est tout le rapport à la finitude, et donc à la vie, qui se déplace.
La technique, quatre manières de la penser
Heidegger, Simondon, Stiegler, Anders : quatre philosophes, une même question. La technique est-elle un danger qui nous arraisonne, un mode d'existence à comprendre, ce qui nous constitue, ou ce qui nous rend obsolètes ? Du Gestell à l'obsolescence de l'homme, en passant par l'individuation des machines et le pharmakon, un dossier qui les fait longuement dialoguer.
Le temps, de l'éternité à la mémoire des machines
Platon, Spinoza, Kant, Nietzsche, Heidegger, Stiegler : six manières de répondre à la plus vieille des énigmes. Le temps est-il l'image mobile d'une éternité qui le dépasse, un simple effet de l'imagination opposé à l'éternel, la forme la plus intime de notre esprit, un cercle que l'on doit vouloir, notre être même tendu vers la mort, ou ce que nos machines retiennent à notre place ? Tout un jugement sur ce que nous sommes se joue dans la réponse.