Penseur
Platon
Toute la philosophie d'Occident, disait-on, n'est qu'une suite de notes en bas de page à Platon. Élève de Socrate, marqué à vie par sa condamnation à mort, il a fondé l'Académie et écrit des dialogues où la pensée se cherche en se parlant. On y croise le monde des Idées, l'allégorie de la caverne, l'amour qui mène au beau, et la cité juste gouvernée par ceux qui savent.
Lire Platon, c'est apprendre que le visible n'est peut-être que l'ombre d'un réel plus vrai, et que connaître pourrait bien être se ressouvenir. Sa langue est limpide et rusée, pleine de mythes et d'ironie. On peut le contester, beaucoup l'ont fait, d'Aristote à Nietzsche, mais on ne pense pas sans lui répondre.
Platon, le cours complet
Socrate et sa méthode, la théorie des Idées, la caverne, la réminiscence, l'âme et l'amour, la cité juste : la source de toute la philosophie d'Occident.
Articles
8 textesL'allégorie de la caverne
Des prisonniers prennent des ombres pour le monde. Platon en fait l'image de notre condition ordinaire, et le récit d'une montée douloureuse vers la lumière. Mais le vrai sommet du texte n'est pas la sortie : c'est le retour.
L'âme tripartite
L'âme est-elle une, ou faite de pièces qui se disputent ? Platon part d'une expérience banale, le conflit intérieur, et en tire une carte de l'âme à trois étages. La justice n'y est pas une règle : c'est l'ordre où chaque part tient son rang.
L'amour
On range Platon du côté de l'amour chaste, désincarné, presque froid. Le Banquet dit l'inverse. L'eros y part d'un beau corps, le désire vraiment, puis s'en sert comme d'une première marche pour monter jusqu'au beau lui-même.
La mimesis
Platon, l'un des plus grands écrivains de la Grèce, bannit les poètes de sa cité juste. Le paradoxe n'est pas une humeur de philistin : c'est un procès serré de l'art comme imitation, copie de copie, flatteur des passions.
La réminiscence
Connaître, ce ne serait pas recevoir du nouveau, mais retrouver de l'ancien. Platon répond à un piège logique redoutable par une thèse vertigineuse : l'âme a déjà tout su, et apprendre n'est que se ressouvenir.
Le Bien
Au sommet de la République, Platon place une chose qu'il renonce à définir et qu'il dit même au-delà de l'essence. Le Bien n'est pas une vertu ni une valeur : c'est ce qui fait à la fois que les Idées sont connaissables et qu'elles sont.
Le démiurge
Dans le Timée, Platon ose ce qu'aucun platonicien ne devrait oser : parler du monde sensible, du devenir, du corps. Il le fait par un récit, celui d'un artisan divin qui ne crée rien mais ordonne tout, les yeux fixés sur un modèle éternel. Voici comment ce mythe vraisemblable se tient.
Le philosophe-roi
Tant que les philosophes ne régneront pas, ou que les rois ne philosopheront, il n'y aura de fin ni aux maux des cités ni à ceux des hommes. C'est la thèse la plus provocante de la République, et la moins bien comprise : elle ne fait pas l'éloge du pouvoir, mais de celui qui n'en veut pas.
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